Grand succès pour les Euromanifestations des 14, 15 et 16 mai
Lors des mobilisations syndicales européennes de Madrid, Bruxelles, Berlin et Prague, auxquelles participait la CFDT, 350 000 personnes ont exigé une action européenne audacieuse en faveur de l’emploi. C’est au total près de 350 000 personnes, à l’appel de la CES (Confédération européenne des syndicats), qui se sont rassemblées à Madrid le 14 mai, à Bruxelles le 15 et à Prague et Berlin le 16. L’ampleur de cette mobilisation syndicale « témoigne de l’inquiétude croissante des travailleurs européens face à la situation de l’emploi qui se détériore », indique la CES. Ce succès est, selon John Monks, secrétaire général de la CES « le signal clair que les préoccupations des citoyens pour leur emploi et leur avenir doivent être prises en compte ».
Au lendemain de la manifestation de Madrid qui avait rassemblé près de 150 000 participants, quelque 50 000 personnes ont défilé à Bruxelles lançant des slogans comme : “L'Europe, priorité aux travailleurs", "Le Peuple d'abord, pas le profit", “L'Europe de l'argent n'est pas la bonne voie", “L'Europe sociale, pas celle du fric et des patrons". À Berlin, ce sont 100 000 personnes qui ont battu le pavé et à Prague 20 000 manifestants. La CFDT, partie prenante des mobilisations européennes, a rassemblé près d’un millier de militants à Bruxelles, venues du Nord-Pas-de-Calais, de Lorraine, de Picardie, de Champagne-Ardenne et d’Île-de-France. Des délégations étaient également présentes dans les trois autres capitales européennes.
Avec le mouvement syndical européen, la CFDT exige une réponse politique en matière économique et sociale de la part de l’Europe. Car jusqu’à présent, celle-ci est plutôt aux abonnés absents face à la crise. « Dans des économies interdépendantes, et au regard de ce que nous attendons, elle a pourtant à jouer un rôle de premier plan », indique Marcel Grignard, secrétaire national. À quelques semaines des élections européennes, c’était le message envoyé aux différents gouvernements.
La réussite de ces démonstrations de force montre que cette exigence est partagée par les travailleurs européens. « Le monde du capitalisme financier semble imaginer que quelques injections à base d’économie verte seront à même de réparer les choses, a déclaré John Monks, et qu’après quelques timides signes de relance, on en reviendra tôt ou tard aux bonnes vieilles habitudes. Ce monde semble oublier également qu’il reste sous l’assistance respiratoire des contribuables européens, qui jamais plus ne permettront que la cupidité et l’égoïsme ne puissent provoquer des dommages qui se chiffrent à plusieurs milliards d’euros ». Pour le secrétaire général de la CES, « une réglementation plus forte des marchés financiers et un renforcement de l’influence des travailleurs dans les conseils d’administration est indispensable. Les travailleurs veulent aussi des programmes pour soutenir l’industrie et les emplois, ainsi que des mesures ambitieuses pour lutter contre un chômage croissant. Tel est le message que la rue a lancé cette semaine dans toute l’Europe ».
À Bucarest, faisant écho aux manifestations à l’appel de la CES, plusieurs milliers de manifestants ont défilé dans les rues pour réclamer un plan anticrise, une meilleure sécurité de l’emploi, et des salaires plus élevés, dans la même veine que les mouvements français, irlandais, islandais ou lettons de ces dernières semaines. La Roumanie a récemment obtenu des prêts de l’Union européenne, du FMI et de la Banque mondiale (20 Md€ au total). Des initiatives nationales se sont aussi déroulées en lien avec les mots d’ordre de la CES, à Birmingham, Luxembourg et Vienne.
L’emploi est bien la préoccupation numéro un des syndicats partout en Europe. Ce que viennent corroborer de sombres prévisions de la Commission qui estime à 8,5 millions les pertes d’emplois d’ici à la fin 2010 et un taux de chômage jusqu’à 11,5 % l’an prochain dans la zone euro (20,5 % en Espagne, 10,7 % en France). Ronald Janssen, conseiller de la CES, craint de voir réagir les entreprises à la récession par « une modération salariale », qui pèserait un peu plus sur la consommation et accentuerait la récession.
Voir les galeries photos des 4 manifesations sur le site de la CES