L’indemnisation des catastrophes naturelles
La garantie « Cat Nat »
des assurances
Le premier réflexe pour l’occupant d’un logement sinistré (qu’il soit propriétaire ou locataire) est de
se reporter à son assurance multirisques habitation. Quel que soit le type de contrat souscrit, il comprend automatiquement une garantie «catastrophe naturelle » (« Cat Nat »). La
loi du 13
juillet 1982, impose en effet aux assurances de couvrir tous leurs clients contre les « dommages matériels directs, ayant pour cause l’intensité anormale d’un agent
naturel » (articles
L125-1 et suivants du Code des assurances) dont les clauses sont détaillées dans les articles
A125-1 et suivants. Le plus souvent il s’agit d’inondations, de coulées de boue, de sécheresses. Plus rarement de séismes, ou d’avalanches.
À noter que les tempêtes et les dégâts causés par le vent ont un régime distinct de celui des catastrophes
naturelles (lire encadré
ci dessous).
Les mesures conservatoires
Avant d’entamer les démarches d’indemnisation qui peuvent être longues, il faut d’abord préserver ce qui
peut l’être des dégradations ultérieures. Par exemple bâcher la maison si la toiture a été endommagée, pour éviter que l’eau ne s’infiltre et ne fasse d’avantage de dégâts. Dans ce cas, il est
indispensable de conserver les factures et les devis des travaux engagés, pour ensuite réclamer le remboursement à l’assurance. Il faut également commencer à constituer un solide dossier et
préparer sa future demande d’indemnisation : évaluer tous les dégâts subis, photographier ce qui a été endommagé, dresser la liste des objets détruits (factures, expertise, photographies à
l’appui).
La reconnaissance de la catastrophe naturelle
Pour pouvoir être indemnisé par l’assurance, il faut au préalable que l’État
reconnaisse comme telle la catastrophe naturelle (par arrêté interministériel). Les sinistrés doivent donc se faire connaître auprès de leur mairie. C’est elle qui centralise toutes les
déclarations de catastrophes naturelles sur une même commune et les font remonter aux préfectures. Les dossiers sont ensuite transmis aux ministères concernés, à qui il revient de décider de
déclarer (ou non) la zone géographique en état de catastrophe naturelle. À noter que le délai de parution de cet arrêté peut être très variable (de quelques semaines jusqu’à
plusieurs mois). Cela dépend dans les faits de la gravité et de la médiatisation de l’événement.
La déclaration de sinistre à l'assurance
C’est la publication de l’arrêté au Journal officiel qui déclenche la procédure d’indemnisation.
À compter de la date de parution, les assurés ont 10 jours pour adresser leur déclaration à l’assureur (par
lettre recommandé de préférence). Si les dégâts sont importants, un expert peut être envoyé sur place pour faire l’inventaire et établir un devis. L’assurance a ensuite un délai de 3 mois pour
indemniser l’assuré.
Ce qui est garanti
La garantie « catastrophes naturelles » est limitée. Seuls les dommages « directs »
sont couverts par l’assurance : la dégradation des bâtiments, la destruction du mobilier, les frais de démolition, les frais de pompage en cas d’inondation. Tous les frais annexes, qui ne
découlent pas directement des intempéries ne sont pas indemnisables. Par exemple, les frais de relogement ou la perte de loyer si la maison est devenue inhabitable. Les éléments extérieurs
(arbres, végétaux, plantations) ne sont pas non plus couverts par la garantie « catastrophe naturelle ». À noter
qu’une franchise reste systématiquement à la charge de l’assuré. La somme est fixé par arrêté (380€ pour les particuliers ou 1 520€ si le dommage est imputable à un mouvement de terrain consécutif à la sécheresse ou à une réhydratation du sol et 1140€ pour les
professionnels ou 3 050€ si les dommages sont imputables aux mouvements de terrain consécutifs à une sécheresse).
En l'absence d'assurance
La souscription d’une assurance habitation n’est pas obligatoire pour les propriétaires. Une liberté qui
s’exerce à leurs risques et périls. À défaut d’assurance, ils ne percevront donc aucune indemnisation de la part de la puissance publique, même
si l’état de catastrophe naturelle est reconnu. Il existe toutefois des mécanismes de solidarités pour les sinistrés. Des fonds de secours sont parfois mis en place auprès des préfectures. En cas
de catastrophe naturelle, le ministère du Logement peut également accorder des prêts à 0%, dans les cas les plus graves. Dans l’hypothèse où l’habitation touchée par la catastrophe serait devenue
inhabitable obligeant l’occupant à se reloger.
Contrairement aux autres événements climatiques La tempête n’entre pas dans le champ des catastrophes naturelles. Les dégâts causés par les vents violents relèvent d’un autre régime, la « garantie tempête », qui est obligatoirement incluse dans tous les contrats assurances habitation (Loi du 25 juin 1990). Dans ce cas, la garantie qui s’applique est contractuelle et non plus légale, ce sont donc les assurances qui fixent librement les conditions d’indemnisation. Les principales différences pour l’assuré par rapport au régime « catnat » c’est le niveau de franchise (fixé librement par l’assureur) et le délai dans lequel il faut déclarer le sinistre (dans les 5 jours qui suivent le dommage). La garantie tempête est plus avantageuse à double titre pour l’assuré. L’indemnisation est plus rapide, puisqu’il n’est pas nécessaire d’attendre la publication de l’arrêté de déclaration de catastrophe naturelle. D’autre part, la garantie est plus large puisqu’elle couvre en général les dommages indirects (comme les frais de relogement).