“Peser le 13 juin pour que les négociations débouchent sur des résultats concrets pour les salariés”

Publié le par SECTION CFDT ISOR

Qu'est-il ressorti de la réunion des partenaires sociaux du 27 mai autour de l'agenda social 2009 ?
Le point clé, c'est l'ouverture d'une négociation, dès le 10 juin, sur les conséquences de la crise sur l'emploi. Cette négociation permettra d'aborder de nombreux sujets. Parmi ceux-là, l'extension du chômage partiel à tous les salariés, une nouvelle étape de la sécurisation des parcours professionnels, l'emploi des jeunes, le développement de l'employabilité à travers la définition de compétences transférables, l'articulation des dispositifs d'assurance-chômage et de solidarité nationale pour les chômeurs en fin de droits et les mobilités professionnelles.
Trois délibérations sociales sont également inscrites à l'ordre du jour. D'une part, le dialogue social, notamment dans les TPE, avec une première séance prévue le 22 juin. Dans ce cadre seront également abordés les parcours professionnels des représentants du personnel dans les entreprises, la réforme des instances représentatives du personnel (IRP) et la gouvernance des entreprises. Deux autres sujets feront l'objet d'une délibération sociale : la politique économique et industrielle, qui inclut les relations inter-entreprises, et le paritarisme.
 
La démarche de la délibération sociale est-elle satisfaisante ?
La CFDT n'est pas opposée par principe à la démarche. La délibération sociale est un processus positif qui permet de faire un état des lieux et de mieux préciser les arêtes d'une future négociation. Cela accroît les chances de déboucher sur des résultats concrets, à deux conditions : qu'un calendrier soit arrêté et que l'objectif d’ouvrir ensuite une négociation apparaisse clairement. Sur ces deux points, nous attendons des clarifications. Enfin, nous souhaitons que le thème de la gouvernance des entreprises permette également d'aborder la répartition des richesses dans l'entreprise, le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) sur les salaires, la rémunération des dirigeants et managers et l'association des représentants du personnel aux choix stratégiques de l'entreprise.
 
Le patronat est longtemps resté silencieux face aux revendications des organisations syndicales dans une période de crise pourtant sans précédent. La réunion sur l'agenda social marque-t-elle un tournant ?
On pouvait espérer que, compte tenu de l'ampleur du débat public sur les sujets centraux à l'origine de la crise – gouvernance, partage des richesses, rémunération des dirigeants, etc. –, le patronat aurait été plus actif pour aborder ces questions. Son attitude fait douter de sa volonté de faire aboutir ces sujets à la hauteur de ce qu'ils méritent. C'est pourquoi il va falloir peser, lors de la mobilisation du 13 juin, pour que les discussions de l'agenda social apportent des résultats concrets aux salariés.
 

Propos recueillis par Aurélie Seigne

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